DAAF, « Cet appareil peut vraiment vous sauver la vie »

Tunnel de fumée pour détecteur. Photo copyright CNPP.
Tunnel de fumée pour détecteur. Photo copyright CNPP.

Le 8 mars 2016, nous fêterons le premier anniversaire de l’obligation d’installer au moins un détecteur de fumée dans toute habitation. L’occasion de rappeler que cet appareil peut nous sauver la vie en cas d’incendie. À condition d’acheter un produit de qualité certifié NF. Entretien avec Jean Forestier, responsable d’essai certification NF des détecteurs de fumée domestiques chez CNPP, le laboratoire mandaté par AFNOR Certification.

Depuis quand réalisez-vous des essais de DAAF (Détecteurs avertisseurs autonomes de fumée) ?
Jean Forestier : Depuis sept ans. Je suis titulaire d’un BTS électronique, puis je me suis formé “sur le tas”. À l’origine, j’étais technicien en certification dans le domaine de la sécurité incendie pour les professionnels.

Quel est votre rôle ?
J.F : Je dirige une équipe de quatre personnes. Nous sommes chargés de vérifier que les produits qui prétendent à la certification NF sont bien conformes au cahier des charges. En 2016, dans le cadre des essais de suivi des produits certifiés NF, nous testerons ainsi 80 produits prélevés par AFNOR Certification lors de l’audit d’une usine ou au hasard en boutique. Nous vérifions qu’ils sont techniquement et fonctionnellement identiques au produit certifié, ce qui arrive dans 99 % des cas.

Combien de DAAF avez-vous contrôlés dans votre carrière ?
J.F : Plusieurs centaines, peut-être un millier, je n’ai pas compté. Pour certifier un produit, il faut déjà tester une vingtaine d’unités. Il faut ajouter aussi tous les tests demandés en essais privés par les constructeurs ou les distributeurs, les associations de consommateurs, les organismes européens.

Avez-vous installé votre propre détecteur, ceux de votre famille ou de vos proches ?
J.F : Oui bien sûr. La difficulté, c’est de faire comprendre aux gens combien le DAAF est indispensable. Avant qu’il ne soit imposé par la loi, on me demandait pourquoi le rendre obligatoire. Il ne faut pas prendre cela comme une réglementation de plus. Cet appareil peut vraiment vous sauver la vie en cas d’incendie pendant le sommeil. En effet, notre odorat est neutralisé lorsque l’on dort. D’ailleurs, mieux vaut en installer un dans chaque chambre surtout si l’on dort la porte fermée.

Quelles sont les questions les plus fréquentes que l’on vous pose ?
J.F : Beaucoup me demandent : qu’est ce qui me garantit que cela fonctionne ?
La réponse est simple : il faut acheter un produit NF, car on est sûr qu’il est suivi. À l’inverse, on s’aperçoit que nombre de produits uniquement marqués CE ne fonctionnent pas bien. En effet, le constructeur peut modifier le produit sans le déclarer à l’organisme certificateur. C’est la différence essentielle avec la certification NF qui impose un suivi et oblige le constructeur à surveiller la qualité de ses produits, notamment par un contrôle en fin de ligne de fabrication.

Quels sont les principaux essais effectués dans le cadre de la certification NF ?
J.F : La phase principale consiste à vérifier le fonctionnement technique du détecteur. On le place dans un tunnel soumis à un courant d’air, puis on injecte progressivement de la fumée. Un système de mesure permet de savoir à partir de quelle quantité de fumée l’appareil se déclenche. On vérifie aussi que le détecteur est capable de déclencher une alarme quelle que soit son orientation. Nous reproduisons différents types de fumée correspondant à différents types d’incendie : feux de poubelle, de vêtements, de mousse de canapé, de combustibles…
Nous réalisons également des essais d’éblouissement pour s’assurer que le détecteur n’est pas sensible à la lumière, de tension d’alimentation minimum et maximum, de température entre 0 et 55° C. Nous testons également la résistance dans le temps des composants à la corrosion, la compatibilité électromagnétique, la puissance acoustique…
Tous ces tests permettent de vérifier que le détecteur est capable de prévenir suffisamment tôt en cas d’incendie et tout cela sans alarme intempestive et sans être perturbé par son environnement.

Combien de temps durent ces essais pour un produit ?
J.F : Vu le nombre d’essais à effectuer et leur durée de réalisation, les essais s’étalent sur 3 mois environ.

 

CNPP (www.cnpp.com) est le seul laboratoire à effectuer les essais de certification NF pour les DAAF. Il est reconnu par ses confrères européens via l’EFSG (www.efsg.org). CNPP est un acteur international de référence en prévention et maîtrise des risques dans les domaines de la sécurité incendie & explosion, sûreté & malveillance, atteintes à l’environnement, risques professionnels.

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