Rivières sauvages, une certification pour des eaux d’exception

Le fleuve le Taravo (Corse-du-Sud). ©DR

En octobre 2017, les fleuves Léguer (Côtes-d’Armor) et Taravo (Corse-du-Sud) ont reçu le label Rivières sauvages. Un label qui distingue des cours d’eau à la biodiversité et à la qualité sans pareilles. Notre auditrice explique.

Délivré par AFNOR Certification depuis fin 2014, le label Rivières Sauvages a été créé par le fonds de dotation du même nom et l’ENR (European Rivers Network). Biodiversité, qualité de l’eau, impact de l’Homme… « Le label est décerné aux cours d’eau les plus proches de l’état naturel et qui n’ont donc pas subi de transformations majeures de type barrages ou endiguements», explique Béatrice Poirier, cheffe de produit AFNOR Certification.

Pour protéger ces perles rares et valoriser leur patrimoine auprès des locaux et des visiteurs, certains acteurs (conseil général, parc naturel régional, communauté de communes…) se sont lancés dans la démarche de labellisation. « C’est un projet fédérateur. Les acteurs ont entre trois et sept ans pour mettre en place des actions concrètes : gérer le bassin versant, dépolluer, sensibiliser les habitants…», souligne Béatrice Poirier.

Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes… Fin 2017, douze cours d’eau français étaient labellisés, dont, tout dernièrement, le Léguer et le Guic (Côtes-d’Armor) ainsi que le Taravo (Corse-du-Sud). Mais sur quels critères sont-ils audités ? Merylle Aubrun, ingénieure à la délégation AFNOR Ile-de-France et auditrice pour AFNOR Certification, raconte comment se déroule un audit.

Qu’est-ce que vous examinez sur la rivière candidate ?

Merylle Aubrun ©DR

L’audit de certification comprend deux grandes étapes : une phase technique  sur documents, réalisée par un expert désigné par AFNOR Certification, et une visite sur place. L’audit porte sur un tronçon courant jusqu’aux deux tiers du linéaire du cours d’eau, en partant de sa source. Rapports d’analyse physico-chimique, liste des impacts identifiés,  constructions à proximité… Avant de me rendre sur place, j’épluche l’ensemble des documents transmis par les acteurs du projet et par l’expert technique.

 

Quelles actions menez-vous sur place ?

Durant deux à trois jours, j’arpente la rivière et son bassin versant. Faune et flore des berges, aspect du lit de la rivière… Tout est passé au peigne fin sur la base de 47 critères très précis. Cet audit de terrain permet d’évaluer le degré de préservation (niveau de 1 à 3, 3 étant le meilleur) et de le comparer à celui que revendiquent les acteurs du projet dans leur dossier de candidature. Outre cette visite, je discute longuement avec les différents acteurs du projet et les interroge sur leurs motivations : Pourquoi protéger cette rivière en particulier ? Est-elle en danger (animaux nuisibles, constructions hydrauliques à venir…) ?

Concrètement, comment les acteurs prennent-ils soin de la rivière ?

Il s’agit bien souvent d’actions de dépollution et de restauration. Protéger la rivière passe aussi par une collecte organisée et régulière des déchets, des analyses de la qualité de l’eau répétées, en divers points représentatifs, mais également par une gestion intelligente des animaux présents à proximité (élevage bovins ou porcins par exemple, qui polluent l’eau en venant s’y abreuver). C’était notamment la problématique du Taravo, en Corse, interdit à la baignade depuis vingt ans, auquel la labellisation Rivières Sauvages offre un nouveau départ. Ces actions développent la biodiversité environnante. La preuve, le Léguer, petit fleuve côtier des Côtes-d’Armor, est devenu le paradis des loutres ! Ce n’était pas arrivé depuis plusieurs années.

 

AFAQ Ports propres : vers des ports responsables
Lancée en 2008, la certification AFAQ Ports propres atteste de la qualité environnementale des ports de plaisance, qu’ils se situent en eaux côtières ou en eaux douces. Pompes à eaux usées et eaux de fond de cale, station d’avitaillement, aire pour le carénage et la maintenance des navires… La démarche récompense un engagement à lutter contre la pollution dans les ports et à améliorer la qualité des eaux. En cela, elle se distingue des Pavillons Bleus, sésame européen valable aussi pour les plages, jugeant si elles se prêtent ou non à la baignade. Les ports engagés dans la démarche sont audités selon 17 critères approuvés au niveau européen par l’accord CWA 16987 (Clean Harbour Guidelines). « Trente ports français sont à ce jour labellisés », précise Béatrice Poirier, cheffe de produit AFNOR Certification. Si une grande partie d’entre eux se trouvent dans le sud-est, la démarche séduit d’autres régions. « Nous avons de nombreuses demandes de ports, situés en Bretagne et dans le nord de la France, soucieux de valoriser leur image », conclut Béatrice Poirier.

 

En savoir plus le label Rivières Sauvages…

En savoir plus sur AFAQ Ports propres…

 

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