Services de nettoyage : un écolabel plus blanc que blanc

Le 2 mai 2018, une nouvelle catégorie d’activités est éligible à l’écolabel : les services de nettoyage intérieur. Objectif : encourager les entreprises du secteur à allier qualité de service et respect de l’environnement. AFNOR Certification délivre cette certification portée par la Commission européenne et relayée en France par l’ADEME. Le point avec Lydie Marie, ingénieure commerciale.

En quoi consiste l’écolabel européen pour une entreprise de nettoyage intérieur ?

Il s’adresse aux entreprises spécialisées dans le nettoyage de bâtiments commerciaux et institutionnels, de résidences privées, de bureaux ou de zones accessibles au public dans les hôpitaux. Il s’agit d’un secteur très concurrentiel, composé pour l’essentiel de petites entreprises de moins de dix salariés, même si quelques groupes comptent plus de 500 employés. Toutes les activités effectuées par ces sociétés sont concernées, tant que leurs clients exercent dans le secteur tertiaire ou résidentiel (ce qui exclut les activités de nettoyage industriel et de désinfection), sauf si le client fournit lui-même les produits. Or, il se trouve que les produits de nettoyage sont polluants. Il est donc important de minimiser leur impact sur l’environnement, tout en assurant la même efficacité.

Quelles sont les conditions pour obtenir ce label ?

Il faut répondre à six critères obligatoires :

  • utiliser au minimum 50 % de produits de nettoyage à faible impact environnemental, porteurs de l’écolabel ou appliquant les recommandations de la norme volontaire ISO 14024 ;
  • les doser de façon appropriée ;
  • utiliser au moins 50 % de tissus en microfibres ;
  • former le personnel à la bonne utilisation des produits et aux économies d’énergie et d’eau ;
  • disposer des bases d’un système de management environnemental ;
  • trier les déchets des clients.

Les entreprises qui prétendent à l’écolabel se voient ensuite proposer des critères optionnels : utiliser au moins 65 % de produits écolabellisés ou au moins 50 % de microfibres, détenir au moins 40 % d’aspirateurs relevant de la classe énergétique A ou 50 % de lave-linge de classe A++, disposer d’un parc de véhicules peu polluants au sens de la norme Euro 6… Chacun de ces critères facultatifs rapporte des points. Il en faut au moins 14 sur 53 pour être rester éligible.

Quelles portes s’ouvrent aux entreprises qui le décrochent ?

L’écolabel européen procure d’abord un avantage concurrentiel qui permet de se démarquer dans un marché ultra-compétitif. Développement durable et protection de l’environnement se sont imposés comme des valeurs prisées des consommateurs. Face à deux solutions proches en termes de prix et de prestations proposées, l’écolabel peut faire pencher la balance et s’imposer comme un critère de choix. L’autre aspect majeur concerne la santé et le bien-être des salariés, qui manient des produits bien moins nocifs grâce aux exigences du référentiel. Les critères imposés permettent aussi de rationaliser ses achats et de générer, à terme, des économies.

Comment se faire auditer ?

Les entreprises de nettoyage intérieur intéressées doivent se rapprocher de nos équipes pour organiser l’audit, lequel se compose d’une partie documentaire et d’une partie sur le terrain. L’auditeur se rendra au siège de l’entreprise et procèdera à un échantillonnage des sites clients. Le tarif de la prestation dépend de la taille de l’entreprise. Question planning, comptez environ six mois pour obtenir ce label. Il sera ensuite valable cinq ans, avec des audits de contrôle annuels. En quelques semaines, plus d’une vingtaine d’entreprises se sont déjà manifestées pour s’engager dans la démarche !

Écolabel européen : la France mène la danse

Créé en 1992, l’écolabel européen compte aujourd’hui 2 130 entreprises titulaires et plus de 54 000 produits et services labellisés. À l’occasion des 25 ans du logo à la fleur, fêtés en France le 13 mars 2018 avec un grand showroom à la Défense, l’ADEME et le ministère de la Transition écologique ont rappelé que la France menait la danse, avec 476 entreprises titulaires, devant l’Italie (354), l’Allemagne (315) et l’Espagne (226). Mais le soufflé retombe : ce chiffre était de 509 en 2016 et 563 en 2015. En nombre de produits porteurs de l’écolabel, la France ressort troisième avec 4 554 références, derrière l’Espagne (18 508) et l’Italie (8 687), mais devant l’Allemagne (3 884 produits). Dans l’Hexagone, 27 catégories de produits et services sont couvertes, mais la papeterie et le papier (1 809 références), les détergents (1 490 références) et les peintures (948 références) représentent à eux seuls 96 % des produits. Au sein des catégories propres aux services, l’hébergement touristique est très en vogue.

 
En savoir plus sur l’écolabel européen pour les services de nettoyage

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